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samedi 26 juin 2010

Les Seins de Glace - Georges Lautner (1975)


François (Claude Brasseur), un écrivain de télévision, est venu travailler à Nice. Au cours d'une promenade sur la plage, il rencontre une femme, Peggy (Mireille Darc). Des meurtres sont commis. Peggy est le suspect numero 1. Deux ans plus tôt, elle avait tué son mari, qui l'avait forcé à se prostituer pour la drogue. Elle ne semble ne pas être guerrie et est suveillée de près par son avocat Marc Rilson (Alain Delon), amoureux d'elle.Adapté du roman de Richard Matheson Someone is Bleeding, le film offre à Georges Lautner une surprenante incursion dans le thriller psychologique. L'ambiance trouble et étrange voit une Mireille Darc froide et distante réveler lun passé mystérieux au fil de la séduction du naïf Claude Brasseur. L'atmosphère se fait oppressante et éthérée avec une photo hivernale et diaphane de Maurice Fellous dans un Nice fantomatique.

Lautner tisse d'intenses moments d'angoisses comme la visite d'un immeuble où Brasseur et Mireille Darc se retrouvent coincés dans un ascenceur puis dans un parking où par le seul sens du cadre et de l'ambiance se dégage une tonalité presque fantastique. D'ailleurs Lautner lorgne assez ouvertement vers le giallo par instant avec des meurtres bien graphiques et sanglant (dont un aux ciseau bien gratiné), des plans signature (la tige de fleur coupé par un rasoir lors du final) et un le beau score mélancolique de Philippe Sarde qui se teinte par instants des lignes de basse et de ce son synthétique typique des thriller transalpins.

Le soufflé retombe un peu dans la deuxième partie surtout à cause du scénario qui répète un peu trop certaines situations (les atermoiements de Mireille Darc entre Delon et Brasseur) mais c'est sans compter un final scotchant de noirceur et de mélancolie. Le personnage de ébranle les certitudes du récit et devient un amoureux tragique bouleversant (le vrai couple qu'il formait avec Mireille Darc contribuant bien sûr à l'intensité de ce retournement final) et le dernier regard de Mireille Darc (fascinante dans ce registre perturbé plus inhabituel) hante longtemps le spectateur. On regrettera juste que la prestation trop décontractée de Claude Brasseur ne soit pas à la hauteur de la vraie noirceur du film (sans parler de quelques écarts comme une scène gratinée où apparait Philippe Castelli).




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